Critique

Avis positif


Xavier Leherpeur estime que Bong Joon-ho confirme son talent par une mise en scène jubilatoire malgré tout Malgré les faiblesses narratives et l'évolution inégale des personnages, le critique de 7e Obsession reste enthousiaste face à la créativité de la réalisation et de l'interprétation : "Ça vaut toujours le coup d'attendre un film de Bong Joon-ho qui depuis "Memories of murders" est un cinéaste qui ne cesse de m'enthousiasmer par sa diversité et sa capacité de renouvellement. Après, ce n'est pas mon film préféré. Il y a un problème de scénario, qui est extrêmement bancal, avec des personnages qui disparaissent, qu'on nous rapatrie en catastrophe dans les dix dernières minutes, afin de parachever leur destin, avec des tempéraments versatiles. Le personnage de Toni Collette n'évolue jamais, elle passe son temps à faire des sauces. Il y a des trous dans le scénario. On sait que la Warner a demandé aux scénaristes de revoir la copie et malheureusement, ça se voit et ça s'entend. Mais le portail, je le franchis, avec tout de même un sens de la mise en scène auquel on ne peut que souscrire. C'est jubilatoire, avec des trouvailles dans la mise en scène, dans le décor, dans les jeux de perspective qu'il fait très bien. Ce n'est pas du niveau de "Parasite", mais il y a quand même un sens de l'espace indéniable et savoureux. Robert Pattinson, qui n'est pas un acteur qui me bouleverse d'ordinaire, je le trouve absolument formidable dans ce rôle très binaire. Certes, il y a le bêta et puis le méchant, mais il y a surtout une représentation du mercantilisme politique et social qui me fait extrêmement plaisir dans ce film."

Avis négatif


Pour Pierre Murat, c'est un échec total cette fois-ci Pourtant, le journaliste est un grand admirateur du cinéaste sud-coréen. Mais il n'a trouvé aucune qualité : "Je me rends compte que de ce réalisateur, je n'aime réellement qu'un seul film, "Memories of Murder", qui est absolument sublime. Tout le reste de ses films, s'il y a des moments très forts, il y a des moments surgonflés, avec des bébêtes qui m'emmerdent. Même sa Palme d'or, "Parasite" qui a été surcélébré, survendu, qui était un film moyen, les défauts ont pris absolument le pas sur les qualités réelles qu'il peut y avoir, mais qui sont toujours éparses. Dans ce nouveau film, il n'y a plus rien. Quant à Robert Pattinson, que j'aime beaucoup, le pauvre chat, c'est effrayant, il n'a rien à faire. C'est un échec absolu."


Murielle Joudet regrette que Bong Joon-ho ait été avalé par Hollywood La critique cinéma pour Le Monde, le cinéaste peine à retrouver sa singularité à Hollywood, voyant dans ce film un condensé de ses thèmes habituels, mais rendu plus superficiel et formaté, craignant une perte de son identité artistique au profit du système hollywoodien : "J'ai toujours l'impression que Bong Joon-ho est embarrassé dès lors qu'il fait un film à Hollywood, et j'ai eu l'impression de voir un peu comme dans "Okja" et "Snowpiercer" tout son cinéma, mais expliqué pour les nuls. Il y a vraiment tout ce qu'on retrouve habituellement dans son cinéma (la lutte des classes, l'exploitation des hommes par les hommes et l'exploitation animale). Sauf que là, j'ai l'impression d'avoir regardé une sorte de medley et qu'il ne sait pas trop quoi raconter. Il se sent un peu obligé de transformer son univers où toute sa violence, tout son côté incisif, toute la dimension politique de son cinéma - qui est très brutale dans ses premiers films coréens - s'envole dans un univers mignon, gadgétisé. Plus ça avance, moins je l'aime. J'ai eu le sentiment de faire mes adieux à Bong Joon-ho. C'est quelqu'un dont j'attendais peut-être qu'il soit le Paul Verhoeven d'aujourd'hui. Au lieu de pirater le système hollywoodien, il s'est complètement fait avaler. D'ailleurs le film le métaphorise : à travers la grosse bébête qui veut manger Mickey, c'est un peu le système hollywoodien qui avale un auteur qui n'arrive plus à être lui-même quand il sort de son pays."

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